par Sarah Marsh et Andrew Gray
Un an après que le vice-président américain J.D. Vance s'en est pris aux alliés européens des Etats-Unis lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, les partenaires de Washington tenteront de suivre une voie plus indépendante, tout en préservant les bases de l'alliance.
Le discours prononcé par J.D. Vance en 2025 a marqué le début d'une année de confrontation inédite entre les alliés transatlantiques, les Etats-Unis semblant prêt à démanteler un ordre international qu'ils ont aidé à établir.
L'édition annuelle de la Conférence de Munich qui s'ouvre vendredi intervient également alors que de nombreux conflits font rage à travers le monde.
"Je n'arrive pas à me souvenir d'une époque où tant de guerres, de crises et de conflits d'une telle importance se déroulaient simultanément", a déclaré président de la conférence, Wolfgang Ischinger.
LA "POLITIQUE DE DÉMOLITION" MENACE L'ALLIANCE
Les relations transatlantiques sont depuis longtemps au centre de la Conférence de Munich sur la sécurité, l'un des principaux forums mondiaux sur la sécurité.
La certitude d'une coopération transatlantique a toutefois été mise à mal par ce que Wolfgang Ischinger a décrit comme une "politique de démolition" qui voit "une destruction généralisée - plutôt que des réformes prudentes et des rectifications en matière de politiques - être l'ordre du jour".
Le président américain Donald Trump a renversé le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, menacé d'autres pays d'Amérique latine de mesures militaires similaires, imposé des droits de douane à ses alliés comme à ses ennemis et parlé ouvertement d'annexer le Groenland, une décision qui pourrait mettre fin à l'alliance de l'Otan.
Le discours de J.D. Vance prononcé l'an dernier, lors duquel il s'en était pris aux valeurs européennes, a été un événement marquant dans la détérioration des relations entre les alliés.
Bien que les Européens se soient engagés à augmenter leurs dépenses en matière de défense, il leur faudra plusieurs années pour sortir de leur dépendance au soutien militaire américain.
L'absence de J.D. Vance à la conférence cette année laisse présager un ton moins conflictuel de la part de Washington. C'est le secrétaire d'Etat Marco Rubio qui mènera la délégation américaine.
DE NOMBREUX PARTICIPANTS
Le chancelier allemand Friedrich Merz ouvrira la conférence vendredi après-midi par un discours dans lequel il devrait chercher à consolider les liens transatlantiques tout en soulignant la nécessité de renforcer l'Union européenne.
Quelque 70 chefs d'Etat et de gouvernements, dont Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodimir Zelensky, le Premier ministre britannique Keir Starmer, et plus de 140 ministres, dont les ministres des Affaires étrangères chinois et indien, Wang Yi et Subrahmanyam Jaishankar, sont attendus à Munich.
Christine Lagarde devrait être la première présidente de la Banque centrale européenne (BCE) à s'exprimer lors de la conférence.
Aucune délégation russe n'est attendue en Allemagne et l'invitation qui avait été adressée à des responsables iraniens a été retirée après la répression des manifestations à travers l'Iran par le gouvernement de Téhéran.
(Avec Mark John à Londres; version française Camille Raynaud)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer